Arrêt maladie et congés payés - Vos droits et le report expliqué

24 mai 2026

Chronologie des congés payés (CP) : période d'acquisition, période légale de prise, CP principaux et fractionnés. Pas d'arrêt maladie ici.

Table des matières

L’articulation entre arrêt maladie et congés payés devient vite délicate dès qu’un arrêt commence juste avant des vacances, ou qu’une maladie survient au milieu d’un séjour déjà posé. En droit français, la réponse dépend de la date de l’arrêt, de son origine et des démarches faites auprès de l’employeur. Je vais donc aller au concret: ce que vous conservez, ce que vous pouvez reporter, ce que vous devez notifier, et les erreurs qui font perdre du temps pour rien.

Les points à retenir avant de compter vos jours

  • Depuis le 24 avril 2024, un arrêt maladie d’origine non professionnelle ouvre aussi des droits à congés payés, dans la limite de 2 jours ouvrables par mois.
  • Pour un accident du travail ou une maladie professionnelle, le régime reste plus favorable: 2,5 jours ouvrables par mois, avec un plafond annuel de 30 jours ouvrables.
  • Si vous êtes malade avant la date prévue de départ en congés, les vacances doivent être reportées après votre reprise.
  • Si la maladie tombe pendant les congés et que vous la notifiez à votre employeur, les jours qui coïncident avec l’arrêt peuvent être reportés.
  • L’employeur doit vous informer, dans le mois suivant votre reprise, du nombre de jours disponibles et de leur date limite de prise.
  • En 2026, la fenêtre transitoire de 2 ans pour réclamer certains droits anciens s’est refermée le 23 avril 2026 pour les salariés encore en poste.

Ce que la maladie change vraiment dans l’acquisition des congés

Le point de départ est simple: la maladie ne coupe plus automatiquement l’acquisition des congés payés. Dans le secteur privé, la règle a été alignée sur le droit européen, avec une distinction nette entre maladie non professionnelle et accident du travail ou maladie professionnelle.

Situation Droit acquis Plafond Ce qu’il faut retenir
Maladie ou accident d’origine non professionnelle 2 jours ouvrables par mois 24 jours ouvrables par période d’acquisition Depuis le 24 avril 2024, l’absence compte pour l’ouverture de droits.
Accident du travail ou maladie professionnelle 2,5 jours ouvrables par mois 30 jours ouvrables par période d’acquisition Le régime reste plus favorable et suit la logique du travail effectif.
Période de référence Du 1er juin de l’année N-1 au 31 mai de l’année N, en principe Variable si accord collectif plus favorable Le décompte exact dépend aussi de la convention collective.
Congés non pris à cause de l’arrêt Droit au report 15 mois en principe Le délai court selon la situation et l’information donnée par l’employeur.

Dans la pratique, je vois souvent une confusion entre deux choses: l’acquisition des droits et la prise effective des congés. Vous pouvez acquérir des jours pendant un arrêt, mais encore faut-il pouvoir les poser ensuite. C’est là qu’intervient le report de 15 mois, avec une règle importante: le délai démarre, en principe, quand l’employeur vous a informé de vos droits après la reprise du travail.

Autre point utile en 2026: la période transitoire ouverte par la réforme de 2024 pour les arrêts anciens a pris fin le 23 avril 2026 pour les salariés encore dans l’entreprise. Un ancien salarié peut encore, selon les cas, agir dans le délai de 3 ans à compter de la rupture du contrat. Autrement dit, les droits existent, mais les fenêtres pour les faire valoir ne sont pas les mêmes.

La vraie question devient alors très concrète: que se passe-t-il quand l’arrêt commence avant le départ en vacances ?

Quand l’arrêt commence avant les congés, les vacances se décalent

Si vous êtes déjà en arrêt maladie avant la date prévue de vos congés, la logique est claire: les congés payés non pris ne sont pas perdus. Ils doivent être reportés après votre reprise, dans la période de prise en cours ou au-delà si le report l’exige.

Le salarié n’a pas besoin de reprendre une journée de travail “pour débloquer” ses vacances. Si votre arrêt se termine la veille du départ prévu, vous pouvez enchaîner directement avec vos congés. C’est un point simple sur le papier, mais souvent mal traité en paie ou dans les plannings internes.

  • Si l’arrêt couvre la date de départ prévue, les congés sont décalés.
  • Si l’arrêt se termine juste avant les vacances, vous pouvez partir sans reprise intermédiaire.
  • Si l’employeur refuse de repositionner les jours, le litige peut aller jusqu’à des dommages-intérêts.

Je conseille toujours de garder une trace écrite dès qu’il y a un chevauchement: date de fin d’arrêt, dates initiales des congés, et échange avec le service paie ou RH. C’est précisément le genre de dossier où un simple message daté vaut mieux qu’une explication orale, surtout si les dates ne sont pas alignées dans le bulletin de paie.

Et si la maladie survient non pas avant le départ, mais pendant les vacances elles-mêmes ? C’est là que la règle a réellement changé récemment.

Avis d'arrêt de travail, document Cerfa pour déclarer un arret maladie. Il est à adresser à l'organisme d'assurance maladie, et peut concerner des congés payés.

Quand la maladie tombe pendant les congés payés

Depuis l’arrêt de la Cour de cassation du 10 septembre 2025, le droit français est clair sur un point que beaucoup de salariés attendaient: si vous tombez malade pendant vos congés payés et que vous notifiez l’arrêt à votre employeur, vous pouvez récupérer ultérieurement les jours de congé qui ont coïncidé avec l’arrêt.

La logique est cohérente: les congés payés servent au repos et aux loisirs; l’arrêt maladie sert au rétablissement. Les deux régimes n’ont pas le même objet. En pratique, cela évite qu’un salarié perde des jours de vacances parce qu’il a été malade sur la période déjà validée.

  1. Obtenez un arrêt de travail dès que votre état le justifie.
  2. Transmettez-le à votre employeur sans tarder, avec une preuve d’envoi si possible.
  3. Demandez le report des jours qui chevauchent l’arrêt.
  4. Vérifiez ensuite que le compteur de congés et la paie ont bien été ajustés.

Le point de vigilance, ici, n’est pas théorique: la notification compte. Plus elle est rapide et traçable, moins l’employeur peut discuter la réalité du chevauchement. En cas de séjour à l’étranger, il faut être encore plus rigoureux sur les justificatifs et sur le respect des formalités de transmission.

La conséquence pratique est importante: on ne “perd” pas des jours parce qu’ils étaient au mauvais endroit dans le calendrier. On les fait simplement basculer à une autre date. Reste à savoir comment les droits se chiffrent, parce que c’est souvent là que les erreurs commencent.

Comment les jours se calculent sans se tromper

Le calcul dépend de la nature de l’arrêt et du mode de décompte retenu dans l’entreprise. Le Code du travail raisonne souvent en jours ouvrables, c’est-à-dire les jours habituellement ouvrables du lundi au samedi, hors jours fériés chômés. Ce détail a l’air technique, mais il change vite le résultat final.

Élément de calcul Règle pratique Pourquoi cela compte
Maladie non professionnelle 2 jours ouvrables par mois Le salarié continue d’acquérir des droits pendant l’arrêt.
AT / maladie professionnelle 2,5 jours ouvrables par mois Le plafond annuel normal de 30 jours reste la référence.
Méthode de calcul Le mode le plus favorable au salarié est retenu Le résultat peut varier selon la période et le découpage retenu.
Convention collective Peut prévoir mieux que la règle légale Il faut toujours vérifier l’accord applicable dans l’entreprise.

Un exemple simple montre l’intérêt du détail. Pour un salarié absent deux mois pour maladie non professionnelle pendant la période de référence, le compteur ne se limite pas à ces deux mois: on additionne les jours acquis hors arrêt et ceux acquis pendant l’arrêt. Le résultat peut donc être plus élevé que ce que beaucoup imaginent au premier réflexe.

Je vois souvent des salariés s’arrêter au chiffre “2 jours par mois” sans vérifier la période de référence, le nombre de jours déjà acquis avant l’arrêt, ni le mode de calcul le plus favorable. Or ce sont précisément ces éléments qui font la différence entre un compteur juste et un compteur sous-évalué.

Une fois le calcul compris, la vraie question devient opérationnelle: quelles démarches permettent de sécuriser vos droits sans entrer dans une guerre de courrier ?

Les démarches qui évitent de perdre un droit

Dans ce type de dossier, je privilégie toujours la trace écrite. Les échanges oraux sont utiles pour débloquer une situation, mais ils ne suffisent pas si la paie ou le compteur de congés sont faux.

  1. Transmettez l’arrêt de travail à l’employeur et à la caisse d’assurance maladie dans les délais habituels.
  2. Si l’arrêt tombe pendant des congés, prévenez immédiatement l’employeur et joignez le justificatif médical.
  3. Demandez un ajustement écrit du compteur de congés lorsque les jours doivent être reportés.
  4. Contrôlez le bulletin de paie suivant: il doit refléter les droits acquis et la date limite de prise lorsqu’elle existe.
  5. En cas de désaccord, faites une réclamation écrite avant de laisser le dossier s’enliser.

Le contrat de travail suspendu ne fait pas disparaître tous les droits, mais il impose de rester précis sur les délais et les pièces. Un retard de transmission ou une simple imprécision de dates peut compliquer inutilement le traitement du dossier. C’est encore plus vrai lorsque l’arrêt et les congés se chevauchent sur une période courte.

Et si vous vous demandez encore s’il faut “faire une pause” ou attendre la reprise pour poser les congés, la réponse dépend surtout du contexte de l’arrêt et de la fin du contrat. C’est le dernier niveau de lecture à garder en tête.

Les cas particuliers que je vérifie toujours

Il existe quelques situations qui méritent une lecture séparée, parce qu’elles donnent souvent lieu à des erreurs de paie ou de calendrier.

  • Arrêt long couvrant toute la période de référence : le report de 15 mois suit une logique spécifique, et le point de départ peut être la fin de la période de référence si aucun retour n’a lieu avant.
  • Retour au travail pendant un report en cours : le délai peut être suspendu jusqu’à l’information du salarié par l’employeur sur ses droits.
  • Rupture du contrat : les jours acquis mais non pris sont payés via une indemnité compensatrice de congés payés.
  • Convention collective plus favorable : elle peut améliorer le report ou la prise des congés, donc il ne faut jamais s’arrêter à la seule règle légale.
  • Secteur public : les règles existent aussi, mais elles ne sont pas identiques à celles du privé.

Dans un dossier réel, ce sont souvent les cas “mixtes” qui posent le plus de questions: arrêt long, reprise partielle, congés déjà validés, puis nouveau certificat. C’est précisément là que le calendrier doit être relu jour par jour, pas seulement mois par mois.

Les vérifications qui évitent la mauvaise surprise

Si je devais contrôler un dossier de bout en bout, je commencerais par trois dates: celle du début de l’arrêt, celle du départ prévu en congés et celle de la notification à l’employeur. Dans la majorité des litiges, tout se joue là.

  • Vérifier si l’arrêt est d’origine professionnelle ou non professionnelle.
  • Relire la convention collective avant de conclure que le calcul est figé.
  • Comparer le compteur de congés avec le bulletin de paie du mois concerné.
  • Demander par écrit le report des jours coïncidant avec l’arrêt si la maladie survient pendant les vacances.
  • Ne pas laisser passer une incohérence de dates, surtout si la période de report approche de sa fin.

En pratique, les meilleurs dossiers sont ceux où tout est documenté dès le départ: arrêt transmis, congés validés, message envoyé, et paie vérifiée. C’est ce trio-là qui permet de faire reconnaître vos droits sans discussion inutile, et c’est aussi ce qui vous évite de perdre des jours simplement parce qu’un calendrier a été mal lu.

Questions fréquentes

Oui, depuis le 24 avril 2024, un arrêt maladie d'origine non professionnelle permet d'acquérir 2 jours ouvrables de congés par mois, dans la limite de 24 jours par an. Pour un accident du travail ou une maladie professionnelle, c'est 2,5 jours par mois, plafonnés à 30 jours.

Si votre arrêt maladie débute avant la date prévue de vos congés, ces derniers ne sont pas perdus. Ils doivent être reportés après votre reprise du travail. Vous n'avez pas besoin de reprendre une journée de travail pour les "débloquer".

Oui, si vous notifiez votre employeur de votre arrêt maladie pendant vos congés, les jours de congé qui coïncident avec l'arrêt peuvent être reportés. Les congés servent au repos, l'arrêt à la guérison : ils ne se substituent pas.

En principe, vous disposez d'un délai de 15 mois pour prendre vos congés reportés. Ce délai commence généralement à courir après la reprise du travail et l'information de l'employeur sur vos droits. Vérifiez toujours votre convention collective pour d'éventuelles dispositions plus favorables.

Transmettez votre arrêt de travail à l'employeur et à la sécurité sociale dans les délais. En cas de maladie pendant les congés, prévenez immédiatement l'employeur avec un justificatif. Demandez un ajustement écrit de votre compteur de congés et vérifiez votre bulletin de paie.

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Léon Normand

Léon Normand

Je m'appelle Léon Normand et j'ai 14 ans d'expérience dans le domaine du droit et des procédures juridiques. Mon intérêt pour le droit a commencé dès mon plus jeune âge, lorsque j'ai réalisé à quel point il est essentiel de comprendre les règles qui régissent notre société. J'aime expliquer des concepts juridiques complexes de manière claire et accessible, afin d'aider les lecteurs à naviguer dans les méandres du système juridique. Au fil des ans, j'ai eu l'occasion d'explorer divers aspects du droit, notamment le droit civil et administratif. Je m'efforce toujours de fournir des informations précises, à jour et utiles, en vérifiant mes sources et en comparant les différentes perspectives sur un sujet donné. Mon objectif est d'organiser les connaissances de manière à ce qu'elles soient facilement compréhensibles, afin que chacun puisse se sentir mieux informé et préparé face aux enjeux juridiques.

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